Solidarité Turquie-Syrie : sur le terrain avec l’association Samandag Women’s Solidarity
Plus de trois ans après les violents séismes qui ont frappé le Sud de la Turquie et le Nord-Ouest de la Syrie, la Fondation de France reste pleinement mobilisée pour venir en aide aux populations touchées. Du 6 au 13 juin, l’équipe Urgences de la Fondation de France s’est rendue en Turquie pour suivre l’évolution des actions menées, échanger avec les partenaires locaux et consolider les coopérations sur le territoire. Parmi les associations soutenues, la Samandag Women’s Solidarity Association (SWSA) accompagne les populations les plus vulnérables.
Au cours de cette mission de terrain, l’équipe de la Fondation de France a rencontré douze associations soutenues, dont trois partenaires syriens et neuf turcs. Les besoins des populations demeurent immenses : des milliers de personnes vivent toujours dans des villes-containers, sans solution de relogement durable. Les enfants et les femmes figurent parmi les plus exposés, confrontés à des risques accrus de violences, de déscolarisation et à un accès limité aux structures de soins.
Dans la province de Hatay, au Sud de la Turquie, l’association Samandag Women’s Solidarity vient par exemple en aide aux populations les plus précaires. Depuis 2023, grâce au soutien de la Fondation de France, elle a ouvert à Samandag un centre dédié aux femmes, aux enfants, aux personnes réfugiées et aux personnes en situation de handicap, pour favoriser la solidarité et leur autonomie. « À la suite des séismes, Samandag devait non seulement reconstruire ses habitations et ses infrastructures, mais aussi restaurer un sentiment de sécurité, recréer les liens de solidarité et redonner une perspective d’avenir aux populations. Notre centre joue un rôle essentiel dans le processus de reconstruction », témoigne Neşe Koku, responsable au sein de l’association.

Organisé autour de plusieurs containers aménagés, le centre propose de nombreux services et activités : accompagnement administratif et social, soutien psychosocial, accueil des enfants, ateliers ludiques, formations professionnelles, cours d’alphabétisation pour les personnes réfugiées, sensibilisation à la santé sexuelle et reproductive, ainsi que des sessions d’information sur les droits. Il dispose également d’espaces de vie essentiels : cuisine, jardin, espace dédié aux enfants, bibliothèque, laveries et douches. « Le centre est un espace sécurisé et inclusif qui protège et renforce la culture du vivre-ensemble. Les familles y trouvent un lieu d’accompagnement où partager leurs expériences, acquérir de nouvelles compétences et, surtout, se sentir moins seules », souligne Neşe Koku. Une attention particulière est portée au suivi éducatif des jeunes en situation de décrochage scolaire, avec une vigilance renforcée à l’égard des jeunes filles, plus exposées au risque de déscolarisation et de mariages forcés.
L’association déploie également une équipe mobile qui intervient dans les quartiers les plus isolés pour aller à la rencontre des populations les plus précaires. Elle a par ailleurs réalisé une cartographie des structures sanitaires et sociales locales selon leurs champs d’intervention afin d’orienter au mieux les habitants en fonction de leurs besoins. Les équipes du centre ont elles aussi été directement touchées par le séisme : « grâce à ce centre, nous n’avons pas seulement accompagné les autres dans leur reconstruction, nous avons aussi, progressivement, pansé nos propres blessures, retrouvé des forces et renoué avec l’espoir », explique Neşe Koku.
Le centre accompagne aujourd’hui près de 2 000 personnes et s’est imposé comme un modèle reconnu à l’échelle nationale, suscitant l’intérêt des pouvoirs publics qui étudient la possibilité d’en reproduire le dispositif dans d’autres territoires impactés. « Le soutien apporté par la Fondation de France ne se limite pas à la création du centre : il permet surtout d’en assurer la pérennité et de faire vivre durablement un lieu qui accompagne des milliers de femmes et d’enfants, renforce les solidarités locales et contribue à la reconstruction de toute une communauté », conclut Neşe Koku.
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