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Collectif Culture et Création : l’art pour faire face aux bouleversements écologiques et sociaux

3 juillet 2026

Comment les pratiques culturelles et artistiques peuvent-elles accompagner les transformations écologiques et sociales contemporaines ? C’est autour de cette question que le collectif d’action Culture et Création initié par la Fondation de France a réuni chercheurs, artistes, acteurs culturels et partenaires le 2 avril dernier à la Halle de Rouvray (Ferme de la Villette). Une rencontre qui a montré que les pratiques artistiques peuvent devenir des espaces d’expérimentation pour imaginer de nouvelles façons d’habiter les territoires, en lien avec le vivant.

Marjorie Carré, pilote du collectif Culture et Création à la Fondation de France, a rappelé en ouverture de cette quatrième rencontre inspirante les trois axes qui structurent l’action du collectif : contribuer à la vitalité et à la diversité de la création artistique, partager la puissance de l’art pour nous relier et inspirer des scénarios d'avenirs désirables.

A l’occasion d’une discussion entre Diego Landivar, chercheur en sciences sociales associé au Muséum national d’Histoire naturelle, Pascal Servera, directeur du Citron Jaune (Centre national des arts de la rue et de l’espace public implanté à Port-Saint-Louis-du-Rhône), et de Chloé Moglia, artiste et chorégraphe, les participants ont pu découvrir la notion de « redirection écologique ». Cette approche invite à dépasser la seule logique de transition pour interroger les activités, les usages ou les infrastructures qu’il devient nécessaire de transformer, voire d’abandonner, face aux limites écologiques.

Ces réflexions ont trouvé une traduction concrète dans l’expérience du Citron Jaune, présentée par son directeur Pascal Servera. En Camargue, artistes, chercheurs et habitants travaillent ensemble sur les conséquences de la pollution, de la montée des eaux, de la salinisation des terres agricoles ou encore de la précarité alimentaire. Les projets artistiques deviennent des outils d’enquête, de dialogue et de réappropriation du territoire, capables de rendre visibles des réalités souvent abstraites tout en recréant des dynamiques collectives qui permettent d’éviter le découragement.

Enfin, Chloé Moglia a proposé une réflexion, à partir de sa pratique de suspension à des agrès, sur les notions d’attention, de ralentissement et de vulnérabilité. En s’éloignant des logiques de performance et de vitesse très présentes dans le milieu du cirque, sa pratique invite à expérimenter d’autres manières d’être au monde.

Au fil des échanges, un constat s’est imposé : face aux crises écologiques qui produisent un sentiment d’impuissance, de peur et de paralysie, l’art permet de créer des expériences et de nourrir le désir d’agir collectivement.