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Solidarité Mayotte : relancer l’agriculture après le passage de Chido

14 janvier 2026

Le cyclone Chido a durement frappé les exploitations agricoles de Mayotte, laissant derrière lui des parcelles dévastées et des producteurs privés de ressources. Pour contribuer à la relance de l’agriculture dans la commune de Tsingoni, la Fondation de France soutient le Groupement de Vulgarisation Agricole (GVA), une association d’agriculteurs indépendants engagés pour une production vivrière durable et respectueuse de l’environnement.

« Nous avons perdu 95 % de notre production après le cyclone », témoigne Fatima Daoud, éleveuse et agricultrice en polyculture. « Les pieds de litchis plantés il y a huit ans commençaient tout juste à produire. Je m’imaginais déjà riche ! Chido a mis un terme à tout ça », raconte-t-elle.

Fatima Daoud, éleveuse et agricultrice en polyculture.

Pour de nombreux agriculteurs, les dégâts sont sans précédent. « Nous sommes encore dans l’inconnu. On ne sait pas quand le milieu naturel retrouvera toute sa vigueur », explique Abassi Dimassi, agriculteur/apiculteur, dont le rucher a été entièrement détruit.

Face à cette situation, le GVA de Tsingoni a mis en place un projet de relance collective. Avec l’appui de la Fondation de France, l’association mobilise quatre ouvriers agricoles, équipés de débroussailleuses et de tronçonneuses, pour intervenir auprès de 80 agriculteurs et agricultrices. Leur mission : nettoyer les parcelles encombrées de débris, installer des dispositifs antiérosifs, tailler les arbres fruitiers encore présents et participer aux travaux de replantation.

« Ce soutien a été fondamental. Sans lui, nous n’aurions pas pu nous relancer tant les dégâts étaient importants », souligne Abassi Dimassi, également membre du GVA de Tsingoni. Le recrutement d’ouvriers agricoles pour une durée déterminée permet par ailleurs de créer de l’emploi local, dans un contexte où les producteurs n’ont plus les moyens d’embaucher.

Abassi Dimassi, agriculteur/apiculteur, membre du GVA de Tsingoni.

Le projet encourage également une vraie dynamique collective entre agriculteurs : « Un jour, on travaille dans une exploitation, le lendemain dans une autre. Cette entraide, que l’on appelle ici « Musada », nous rappelle les pratiques de nos anciens. En s’aidant mutuellement, on se relève plus vite et on devient plus forts », explique Mohamadi Ahamada, président du GVA de Tsingoni et membre de l’association Saveurs et senteurs de Mayotte.

Mohamadi Ahamada, plus connu sous le nom de Foundi Madi, est président du GVA de Tsingoni.

Au-delà de l’urgence, le projet prépare l’avenir. L’achat de plants, de semences et de ruches est complété par des formations sur l’agriculture post-cyclonique et la lutte contre l’érosion notamment. « Le soutien de la Fondation de France nous permet de redémarrer, mais aussi de maintenir l’activité dans la durée et de penser l’agriculture autrement. Il faut profiter de cette catastrophe pour intégrer pleinement la biodiversité dans nos exploitations, notamment via l’agroforesterie. Si une nouvelle catastrophe survient, le monde agricole mahorais doit être plus résilient », conclut Abassi Dimassi.