Les temps forts de la soirée de la recherche médicale 2025
Référence depuis plus de 150 ans dans le domaine de la psychiatrie et des neurosciences et berceau de nombreuses découvertes et avancées, le GHU Paris psychiatrie & neurosciences (site Sainte-Anne) a accueilli le 20 mars dernier la Soirée de la recherche médicale de la Fondation de France. Plusieurs chercheurs de renom sont venus présenter leurs travaux dans les domaines de la santé mentale et des maladies neurodégénératives. La soirée a également été l’occasion de remettre les Prix Chercheur senior et Jeune chercheur de la Fondation de France / Jean Valade.
« La Fondation de France se démarque par son engagement en faveur de la recherche médicale, a rappelé Pierre Sellal, président de la Fondation de France, en ouverture de la soirée. Soutenir des projets de recherche innovants, dans des disciplines variées, qui nécessitent des temps longs pour mûrir et qui sont souvent confrontés à un manque d’accompagnement, est au cœur de notre action et de celle des 129 fondations abritées actives dans le domaine de la recherche médicale. »
Santé mentale : plus de 12 millions de personnes concernées
« Les troubles psychiatriques et les pathologies mentales concernent plus de 12 millions de personnes aujourd’hui en France. Elles touchent toutes les classes d’âge et sont potentiellement à l’origine de handicap pour les personnes atteintes, et ce dès l’enfance, ce qui montre bien le poids majeur de ces maladies sur notre société », a expliqué le professeur Raphaël Gaillard, psychiatre et directeur du pôle hospitalo-universitaire psychiatrie au GHU Paris psychiatrie & neurosciences .
Alors que la santé mentale a été érigée en grande cause nationale de l’année 2025, la recherche joue un rôle majeur pour développer des stratégies thérapeutiques innovantes et améliorer la prise en charge des patients, en favorisant notamment les approches transdisciplinaires. Le professeur Eric Burguière, Directeur de recherche et chef d’équipe Neurophysiologie des comportements répétitifs à l’Institut du cerveau , étudie par exemple comment la stimulation cérébrale profonde peut agir sur les perturbations du cerveau responsables des troubles obsessionnels compulsifs, qui concernent entre 2 et 3 % de la population française.
Eric Burguière, Directeur de recherche et chef d’équipe Neurophysiologie des comportements répétitifs à l’Institut du cerveau, et Matthieu Vidard, animateur de la soirée.
« La maladie mentale a cette particularité de ne pas avoir de marqueurs visibles car c’est un trouble fonctionnel et non un trouble lésionnel, a précisé Philip Gorwood, professeur de psychiatrie au GHU Paris psychiatrie & neurosciences et président du comité recherche sur les maladies psychiatriques à la Fondation de France. C’est donc difficile de comprendre que la recherche dans ce domaine peut réellement changer les choses pour une part importante de la population. Un constat qui fait directement écho aux travaux menés par Astrid Chevance, cheffe de clinique en santé publique au Centre de recherche en épidémiologie et statistiques (CRESS) . Elle pilote le projet de recherche collaborative ComPaRe Dépression , qui s’appuie sur une cohorte de plusieurs milliers de personnes. L’objectif : recueillir des données qualitatives riches afin de mieux mesurer les impacts, à la fois individuels et sociaux, de la dépression, et mettre en place des politiques de santé publique adaptées.
Astrid Chevance, cheffe de clinique en santé publique au CRESS, présente son projet de recherche collaborative.
Maladies neurodégénératives : associer recherche fondamentale et recherche clinique
Engagée depuis plus de 20 ans dans le soutien à la recherche sur la maladie de Parkinson, la Fondation de France a élargi son engagement à l’ensemble des maladies neurodégénératives. « Les maladies neurodégénératives sont toutes caractérisées par le développement excessif d’une protéine spécifique responsable des troubles, a expliqué Erwan Bézard, directeur de recherche et fondateur de l’institut des maladies neurodégénératives de Bordeaux , président du comité de recherche sur les maladies neurodégénératives de la Fondation de France. Une découverte sur une maladie ou sur un traitement existant permettra de développer des solutions thérapeutiques pour les autres maladies. »
Erwan Bezard, président du comité Recherche sur les maladies neurodégénératives de la Fondation de France, et Matthieu Vidard, animateur de la soirée.
L’objectif est non seulement de ralentir l’évolution des maladies, mais aussi de limiter au maximum la perte de qualité de vie induite par ces pathologies. Le professeur Marie-Laure Welter, neurologue et responsable du service de neurophysiologie au CHU de Rouen , mène par exemple des recherches afin d’aider les patients souffrant du « freezing de la marche », une dégradation forte de la motricité qui touche près de la moitié des personnes après dix ans d’évolution de la maladie de Parkinson. En associant recherche fondamentale et approche clinique basée sur la neurostimulation, son projet a permis de soulager les symptômes de patients. Son objectif est clair : rendre cette pratique accessible à un plus grand nombre de malades. Aujourd’hui, seuls 600 à 800 patients en bénéficient chaque année, alors que « 2 000 à 2 500 par an pourraient y prétendre » selon la chercheuse.
Prix de la recherche médicale Fondation de France / Jean Valade : deux chercheurs récompensés
Pour clore la soirée, Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France, a remis les deux Prix de la recherche médicale 2025. Le professeur Joe-Elie SALEM, directeur du programme de cardio-oncologie à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière (AP-HP), a reçu le Prix Jeune chercheur pour ses travaux visant à réduire les effets indésirables des immunothérapies sur le cœur.
Matthieu Vidard, animateur de la soirée, Joe-Elie Salem, Lauréat Prix Jeune Chercheur, et Axelle Davezac, Directrice générale de la Fondation de France.
Découvrir le projet de Joe-Elie Salem en vidéo
Le professeur Thomas Bourgeron, directeur de l’unité Génétique Humaine et Fonctions Cognitives au département de neurosciences de l’Institut Pasteur, professeur à l’Université Paris-Cité et académicien des sciences, était le lauréat du Prix Chercheur senior. Mondialement reconnu pour avoir identifié les premiers gènes associés à l’autisme, le professeur Thomas Bourgeron a été récompensé pour l’ensemble de sa carrière et ses travaux sur le développement du cerveau de l’enfant. « À travers ces prix, la Fondation de France souhaite valoriser les grandes découvertes et avancées réalisées par le monde de la recherche, mais aussi mettre en lumière des projets d’avenir, et montrer à quel point la science est indispensable à notre société », a conclu Axelle Davezac.
© Crédit photos : Lucien Lung
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