Solidarité Proche-Orient : la Fondation de France mobilisée face à la crise humanitaire
Depuis les atrocités du 7 octobre 2023 et le déclenchement de la guerre dans la bande de Gaza, la situation humanitaire au Proche-Orient n’a cessé de se dégrader. Depuis mai 2024, la Fondation de France et quelques fondations abritées se sont mobilisées et 900 000 euros ont été collectés pour répondre aux besoins humanitaires urgents, accompagner les personnes déplacées, quelle que soit leur nationalité, et encourager des initiatives de paix.
Crédit photo : © Latet
Pour mener ses actions, la Fondation de France s’appuie sur des associations locales dans l’ensemble de la région. Les accès dans certaines zones sont très difficiles, entravant fortement les interventions humanitaires internationales sur place.
Venir en aide aux populations
Dans le centre et le Sud de la bande de Gaza, l’association Culture and Free Thought Association (CFTA), fondée en 1991, fournit une aide humanitaire d’urgence. Elle propose des soins médicaux et des activités éducatives et culturelles aux enfants et adultes palestiniens. Depuis octobre 2023, elle accueille des familles ayant tout perdu, les oriente vers les aides disponibles et propose des activités de soutien psychosocial, en particulier pour les enfants. 120 familles en situation de grande précarité ainsi que les équipes locales, elles-mêmes profondément affectées par la guerre, ont pu être accompagnées.
Première ONG humanitaire en Israël, Latet – Israeli Humanitarian Aid, mobilise un vaste réseau de partenaires et de bénévoles pour répondre aux besoins des populations fragilisées par la guerre. « Nous n’avons pas d’argent à donner, alors nous faisons une bonne action avec nos mains », témoigne Malka, bénévole régulière au sein d’une association partenaire de Latet. Plus de 2 200 kits d’urgence (alimentaires et d’hygiène) ont été distribués aux populations déplacées ou en grande précarité, notamment dans les villes de Beer Sheva, Ashdod, Sderot et Ofakim.
Soutenir des initiatives de paix
En parallèle, les ONG Women Wage Peace et Women of the Sun portent un projet de paix commun. Fondé en 2014, Women Wage Peace est devenu le plus grand mouvement populaire pour la paix en Israël, rassemblant aujourd’hui 45 000 femmes issues de toute la société israélienne. En 2021, l'ONG palestinienne Women of the Sun a été créée dans le but de poursuivre cette action en Palestine et d’engager la communauté palestinienne. Ces deux organisations ont lancé The Mothers’ Call, un appel commun sous forme de pétition demandant la fin des violences, la reprise des pourparlers de paix et le respect de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies (qui reconnaît le rôle essentiel des femmes dans la prévention et la résolution des conflits et exige leur participation pleine et égale aux processus de paix). La création d’un site internet multilingue, aujourd’hui accessible en sept langues, permet de diffuser cet appel à l’échelle internationale.
Accompagner les populations déplacées au Liban
Dans les zones frontalières et jusque dans le sud de la capitale, des familles entières sont contraintes à l’exil. La Fondation de France s’engage aux côtés d’organisations locales pour venir en aide aux plus vulnérables, en particulier les femmes, les enfants et les personnes âgées.
Partenaire de la Fondation de France depuis 2020, l’ONG libanaise ALPHA aide les populations déplacées dans le Sud du Liban, la Beqaa et la banlieue Sud de Beyrouth. Elle a distribué plus de 450 kits d’hygiène, du lait et des couches dans des écoles transformées en centres de refuge et chez des familles hôtes. Elle propose aussi un appui à la scolarité et un accès aux soins à ces familles. « Être déplacé, c’est devoir fuir sa maison du jour au lendemain, sans préparation, et chercher désespérément un abri, quel qu’il soit. C’est une angoisse incessante, de la tension, de la tristesse et de la peur pour vos enfants et vos petits-enfants », confie une femme de 75 ans, grand-mère de 18 petits-enfants, accompagnée par l’association.
Fondée en 1979, l’ONG libanaise Amel propose quant à elle à des enfants déplacés du Sud du Liban un accès à une éducation de qualité et un soutien psychosocial. Près de 130 élèves ont intégré des classes de soutien scolaire et 90 enfants ont bénéficié de séances thérapeutiques. Des événements collectifs (projections de films, journées dédiées à des thématiques de santé…) ont également permis de recréer du lien entre les enfants, leurs familles et la communauté d’accueil.
À Beyrouth, l’initiative citoyenne Nation Station a émergé suite à l’explosion du 4 août 2020. Cette ancienne station-service a été transformée en cuisine communautaire dédiée à la solidarité. En lien avec des agriculteurs, des cuisines et des boulangeries locales, elle a préparé jusqu’à 2 400 repas par jour à destination des personnes déplacées hébergées dans des écoles et centres d’accueil. L’association a également distribué des produits d’hygiène et de premiers secours aux familles les plus vulnérables.
Dans la région de la Beqaa et la ville de Saïda, l’ONG Basmeh & Zeitooneh a accompagné 360 personnes déplacées : aide humanitaire, soutien éducatif et activités favorisant le lien social avec les communautés hôtes. Près de 150 colis alimentaires, 200 paniers de repas prêts à consommer et 360 kits de produits non alimentaires (matelas, couvertures, oreillers) ont été distribués.
L’association Design for Communities (D4C) agit pour améliorer les conditions de vie des personnes déplacées dans plusieurs abris collectifs. Fondée en 2018 par des architectes et enseignants de l’Université américaine de Beyrouth, elle réaménage des espaces publics disponibles afin de les transformer en abris. Près de 400 personnes ont pu être accueillies. D4C a également ouvert trois centres dédiés à l’apprentissage dans le Sud du Liban, en partenariat avec l’ONG Lebanese Alternative Learning (LAL) et en coordination avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.
Le Programme national d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil (PAUSE) organise l’accueil en France d’artistes originaires du Proche-Orient, avec leurs conjoints et leurs enfants. Lancé en 2017 à l’initiative du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et porté par le Collège de France, ce dispositif vise à leur offrir des conditions de vie et de travail dignes au sein de résidences artistiques, de programmes de recherche ou de structures culturelles partenaires. Il leur permet également d’obtenir des visas adaptés.