La Fondation Groupe SNCF rejoint le réseau Fondation de France
Interview de Laetitia Gourbeille, déléguée générale de la Fondation Groupe SNCF.Cet anniversaire a été l’occasion de rappeler la longévité de l’engagement du groupe SNCF à travers sa fondation dont la mission d’intérêt général fait totalement écho à la mission d’intérêt public portée par le groupe. Il y a 30 ans, l’action de la fondation a débuté avec le dispositif « Coups de cœur citoyens » qui permet de soutenir, encore aujourd’hui, les associations dans lesquelles les salariés sont engagés bénévolement. Il illustre deux piliers essentiels de notre projet philanthropique : l’implication des salariés du groupe SNCF et la dimension territoriale. Dès le départ, la fondation a soutenu des initiatives associatives de proximité, partout en France. Cette dimension locale reste une réalité puisque sur la période 2021-2025, près 60 % de notre budget a été consacré à des projets plutôt régionaux, voire départementaux.
Sur le plan des missions sociales, la stratégie de la fondation s’est structurée peu à peu, d’abord dans le champ de la solidarité, de l’éducation puis de la culture, avec comme dénominateur commun la jeunesse. Depuis 2021, l’action de la fondation s’est recentrée sur le soutien aux jeunes à travers la construction de leur parcours de vie et leurs engagements citoyens, notamment en faveur de la transition écologique.
En quoi l’implication des salariés dans la fondation reste centrale aujourd’hui ?
L’engagement des salariés demeure très fort, notamment grâce à la mise en œuvre depuis 2013 du mécénat de compétences. Ce dispositif permet aux collaborateurs de consacrer jusqu’à 10 jours par an de leur temps de travail à un partenaire associatif soutenu par la fondation. Entre 2021 et 2025, plus de 13 000 salariés ont été concernés. En 2021, la SNCF a décidé d’aller plus loin en rendant possible le mécénat de compétences de longue durée, de 6 mois à 2 ans. Actuellement, 170 salariés sont engagés dans cette voie et mettent leurs compétences au service des structures associatives dans des domaines très variés : gestion de projets, relations partenariales, comptabilité/finances, communication, gestion des ressources humaines, etc. C’est vraiment un outil très enrichissant pour tous. C’est une modalité de soutien extra-financier important, qui nourrit nos relations partenariales et de proximité, partout sur le territoire. Dans notre nouveau projet stratégique, nous avons d’ailleurs décidé de maintenir le mécénat de compétences en faveur des associations partenaires sur la période précédente et que nous ne pourrons plus soutenir financièrement.
Vous avez réalisé une vaste étude d’impact sociétal de la fondation sur la période 2021-2025. Quels en ont été les principaux enseignements ?
Cette mesure d’impact a été réalisée auprès de 1000 associations soutenues depuis 2021. Elle révèle tout d’abord la pertinence et l’impact de l’accompagnement pluriannuel que nous menons auprès des structures. Le fait de les soutenir dans la durée, que ce soit au niveau national ou local, créé de la proximité et de la confiance. Cela permet de tisser un lien fort entre les associations et la fondation d’une part, mais aussi entre les associations et l’entreprise, par le biais de l’engagement des collaborateurs. Cette relation de proximité est un réel atout pour le projet associatif lui-même, son ancrage territorial et sa viabilité économique.
L’étude d’impact a également fait ressortir les effets très positifs du mécénat de compétences grâce auquel de nombreuses associations ont pu améliorer de manière significative leur fonctionnement. 90 % d’entre elles ont déclaré que le soutien financier et le mécénat de compétences de longue durée leur avaient permis de renforcer, voire de développer leurs activités.
Au-delà des associations soutenues, 4 500 salariés du groupe ont été interrogés. Nous avons été ravis de constater que, pour 1/3 des répondants, le fait de s’engager avec la fondation avait été pour eux une première expérience d’engagement associatif. Toutes ces actions mises en place génèrent d’ailleurs chez les salariés une fierté d’appartenance à l’entreprise renouvelée.
Dans le cadre de cette nouvelle stratégie, vous avez décidé d’abriter la Fondation Groupe SNCF à la Fondation de France. Quelles sont les raisons de ce choix ?
Nous avons souhaité rejoindre la Fondation de France pour renforcer notre impact, en nous associant aux approches collectives qu’elle encourage et porte depuis plusieurs années, dans une approche systémique. La Fondation de France est en effet très active pour agir à la racine des problèmes en intervenant sur l’ensemble d’un système ou d’un secteur complexe. Travailler ensemble permet de croiser les regards, d’apprendre ensemble et d’intervenir de manière complémentaire pour gagner en efficacité. Être abritée à la Fondation de France nous permet de rejoindre une communauté de philanthropes très variée. Nous pouvons ainsi échanger, questionner nos pratiques mais aussi nous former et nous inspirer. Tout cela est très stimulant !
Dans cette logique, nous envisageons également de nous impliquer au sein du collectif d’action Nouvelles générations.
Enfin, grâce à l’appui de la Fondation de France, nous bénéficions d’un cadre et d’une expertise solides pour la gestion de nos engagements philanthropiques, ce qui nous permet de nous concentrer sur nos missions sociales.
Face à la crise que traverse actuellement le secteur associatif, quel type de soutien avez-vous développé pour lui venir en aide ?
Historiquement, la Fondation SNCF a toujours été impliquée dans le soutien au secteur associatif, au-delà même des causes qu’elle soutenait. Claire Thoury, ex-présidente du Mouvement associatif aujourd’hui à la tête du CESE, faisait partie de notre précédent Conseil d’administration. Elle nous avait alertés très tôt sur la crise de financement du secteur. Quand le Mouvement associatif a lancé le dispositif de soutien Prev’Asso en 2025, nous l’avons immédiatement rejoint.
Nous sommes également engagés dans la campagne nationale « La France qui (se)bat » qui vient de démarrer afin de relayer son plaidoyer auprès de notre écosystème.
Photo : © Sébastien Godefroy
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