Agir pour la conservation des espèces menacées
Face à l’accélération de l’érosion de la biodiversité, la Fondation de France renforce son engagement en faveur de la protection des espèces vulnérables et de leurs habitats. En s’appuyant sur l’expertise scientifique et pédagogique du parc animalier de Branféré, qui lui a été confié par legs en 1988, elle a développé un programme de conservation de certaines espèces présentes au sein du parc. Depuis 2024, 1,14 million d’euros ont déjà été engagés par la Fondation de France pour soutenir des projets de conservation en France et à travers le monde.
Plus de 25 % des mammifères, 12 % des oiseaux et 40 % des amphibiens sont aujourd’hui menacés d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Dans ce contexte, la Fondation de France soutient des actions combinant protection des espèces, restauration des milieux naturels, recherche scientifique et sensibilisation du public. L’objectif : favoriser des formes de coexistence durables entre les sociétés humaines et la faune sauvage, en s’appuyant notamment sur le parc de Branféré comme lieu d’étude et de recherche.
Penser la conservation dans sa globalité
Préserver durablement la biodiversité implique de repenser la relation entre l’Humain et l’ensemble du vivant. L’expansion des activités humaines (urbanisation, agriculture intensive, infrastructures ou pêche) détruit ou fragmente les habitats naturels tout en multipliant les interactions conflits d’usage avec la faune sauvage.
Pour répondre à ces enjeux, la Fondation de France soutient des initiatives qui favorisent la coexistence entre humains et animaux sauvages, encouragent le dialogue territorial et renforcent les connaissances scientifiques. Elles contribuent également à faire évoluer le regard porté sur certaines espèces, notamment les grands prédateurs, essentiels à l’équilibre des écosystèmes.
La recherche constitue un axe majeur de cette approche : comprendre les interactions entre espèces, mesurer l’impact des activités humaines et évaluer les actions de conservation permet d’agir plus efficacement. Le parc de Branféré constitue un terrain privilégié pour ces travaux (thèses, postdoctorats et programmes scientifiques) en lien avec les espèces présentes.
Branféré, laboratoire vivant de la biodiversité
L’histoire de Branféré est intimement liée à la protection des espèces menacées. Au siècle dernier, Paul et Hélène Jourde, fondateurs du parc, constatent lors de leurs voyages autour du monde la disparition progressive de nombreuses espèces animales. Conscients de l’urgence de protéger la biodiversité, ils transforment leur domaine en refuge pour des espèces vulnérables, avec l’ambition de contribuer activement à leur sauvegarde.
Aujourd’hui, Branféré mène des actions de conservation à la fois in situ, dans les milieux naturels, et ex situ, en captivité. La conservation in situ repose sur le soutien à des programmes de restauration et de protection des habitats naturels à travers le monde. 1 % du chiffre d’affaires annuel des entrées de Branféré, soit près de 39 000 euros en 2025, est ainsi reversé à une douzaine de programmes de sauvegarde internationaux. Ils contribuent, entre autres, à la protection du rhinocéros dans le Nord-Est de l’Inde, des primates en Ouganda, en Indonésie et en Afrique centrale, ou encore à la préservation de la cigogne blanche sur la façade atlantique française.
En parallèle, le parc pratique la conservation ex situ en participant à des programmes européens de reproduction coordonnés par l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA). Ces programmes visent à préserver la diversité génétique d’espèces dont la survie n’est plus assurée dans leur milieu naturel. Branféré œuvre pour que les animaux nés en captivité bénéficient des conditions d’existence les plus proches possible de celles qu’ils auraient connues dans leur milieu naturel. Les équipes du parc veillent à offrir aux animaux des conditions de vie proches de leur environnement d’origine, en limitant autant que possible les interactions directes. Parmi les quelque 600 espèces menacées prises en charge dans les parcs zoologiques européens, plus d’une quarantaine sont présentes à Branféré.
Au cœur des programmes de conservation
La survie de certaines espèces illustre concrètement l’impact de ces actions de conservation. Disparu à l’état sauvage au début des années 2000 en raison du braconnage, l’oryx algazelle a été réintroduite avec succès en Tunisie et au Tchad, grâce aux programmes européens de reproduction auxquels participe Branféré. En parallèle, l’association Marwell Wildlife et l’École de la nature de Branféré développent des actions d’éducation à l’environnement auprès des écoles situées à proximité des parcs nationaux tunisiens.
Au Népal, le panda roux est menacé par la fragmentation de son habitat et le braconnage. Soutenue par la Fondation de France et partenaire historique de Branféré, l’association Red Panda Network travaille à la restauration de corridors forestiers indispensables à sa survie, tout en impliquant les communautés locales.
Dans les savanes du Nord du Bénin, cinq espèces de vautours sont en danger critique d’extinction. L’ONG béninoise SOS Savane soutenue par la Fondation de France agit pour améliorer les connaissances scientifiques, protéger les sites de nidification et sensibiliser les populations locales à l’importance de préserver les écosystèmes.

À Madagascar, la Fondation de France soutient l’association Help Simus qui œuvre pour la protection des grands hapalémurs, qui font partie des primates les plus menacés au monde. Le projet associe conservation des forêts, développement économique local et sensibilisation des communautés riveraines, afin de construire une protection durable et partagée.

©Ferrante Ferranti, SOS Savane, Help Simus, S.Meys
À LIRE AUSSI