C’est avec une grande émotion que nous avons appris le 29 mai le décès d’Edgar Morin, figure majeure de la vie intellectuelle française, à l’âge de 104 ans. Ancien résistant, sociologue, anthropologue, philosophe, il a profondément marqué le XXe et le XXIe siècles. Son œuvre repose sur une conviction forte : les réalités humaines, qu’elles soient sociales, politiques ou environnementales ne peuvent être appréhendées à travers des lectures simplifiées ou opposées les unes aux autres. Face aux polarisations et aux réponses toutes faites, il a défendu une approche attentive aux liens et aux interactions.
Sa « pensée complexe » visait à croiser les savoirs pour mieux en saisir toute la complexité : « La connaissance est une navigation dans un océan d’incertitudes à travers des archipels de certitudes », écrivait-il dans La Méthode. Humaniste rebelle à la « cruauté du monde », Edgar Morin n’a cessé de défendre l’idée d’une communauté de destin entre les êtres humains et la nécessité d’un dialogue fondé sur la connaissance, l’attention à l’autre et le refus des enfermements idéologiques.
Co-fondée avec sa femme Sabah Abouessalam-Morin à l’occasion de son centième anniversaire et abritée à la Fondation de France, la Fondation Edgar Morin continue de faire rayonner sa pensée et ses travaux sur les transformations de notre siècle. Elle a pour vocation de contribuer à enseigner une méthode adaptée aux complexités et aux incertitudes croissantes, d’aider à la décision dans un monde globalisé, de participer à une réforme de la connaissance et de l’éducation mais également de soutenir des projets éducatifs, scientifiques, culturels, sociaux et écologiques en cohérence avec son œuvre.
La Fondation de France rend hommage et exprime toute sa reconnaissance à Edgar Morin dont l’héritage intellectuel et humaniste continuera d’inspirer durablement sa mission.