Ikambere : agir pour le bien-être et la santé des femmes vulnérables
Depuis près de 30 ans, l’association Ikambere, soutenue par la Fondation de France, accompagne les femmes en situation de grande précarité pour réduire les inégalités sociales et de santé.
Au sein des 4 maisons qu’elle a ouvertes, d’abord en Île-de-France puis récemment à Lille, Ikambereaccueille et accompagne vers l’autonomie des femmes en situation de grande précarité vivant avec une maladie chronique (VIH, diabète, obésité, hypertension artérielle). Parallèlement, l’association mène des actions d’éducation à la santé auprès des publics défavorisés en allant à leur rencontre. Elle assure également des formations spécifiques auprès de professionnels de santé en lien avec les personnes les plus vulnérables et réalise des actions de plaidoyer en s’appuyant sur les travaux de recherche et les études de terrain qu’elle produit.
Accueillir les femmes les plus démunies
L’histoire d’Ikambere a commencé en Île-de-France au plus près des personnes concernées : « L’association a été créée par Bernadette Rwegera à la suite du travail universitaire qu’elle avait mené sur les femmes et les enfants immigrés d’Afrique subsaharienne vivant avec le VIH en Île-de-France. Face aux besoins exprimés par les personnes qu’elle avait rencontrées, elle a décidé de créer une première « maison accueillante » à Saint-Denis (93) où les femmes pouvaient trouver une écoute bienveillante et un accompagnement global pour reprendre pied. Il s’agissait de femmes vivant avec le VIH, souvent sans papiers, sans ressources et sans toit », explique Fatem-Zahra Bennis, directrice générale adjointe d’Ikambere.
Après l’ouverture de la première maison à Saint-Denis, l’association inaugure deux autres lieux d’accueil pour répondre aux problématiques rencontrées par les femmes les plus vulnérables. D’abord à Nesles-la-Vallée dans le Val d’Oise en 2021, avec la maison reposante Ikirambi qui propose des séjours de répit aux femmes victimes de violences, puis en 2022 avec Ikigali, la maison apaisante, située à Ivry-sur-Seine et dédiée aux femmes vivant avec un diabète, une obésité et/ou une hypertension artérielle.

Un accompagnement global et participatif
Grâce à un soutien personnalisé et bienveillant assuré par une équipe polyglotte et pluridisciplinaire et la collaboration d’un réseau de partenaires (hôpitaux, ARS, préfectures, France Travail, bailleurs sociaux…), les femmes sont accompagnées dans leurs démarches en santé, d’accès aux droits, à l’emploi et au logement. En 2024, 625 femmes malades et en grande précarité ont ainsi reçu le soutien d’Ikambere.
« Ce qui fait la force de notre démarche, c’est de toujours partir des besoins du terrain et de travailler en partenariat avec les parties prenantes du territoire. Nous veillons aussi à rendre les personnes actrices de leur parcours, à les impliquer au maximum pour ne pas faire à leur place mais avec elles. 30 % des personnes qui travaillent aujourd’hui avec nous ont été accompagnées au départ par l’association et beaucoup de femmes accueillies sont devenues bénévoles. »
Une action qui évolue en fonction des besoins
Partant de son expérience dans l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH, Ikambere a depuis élargi son champ d’intervention et adapté sa démarche à d’autres pathologies chroniques affectant le quotidien des femmes en situation de précarité : diabète, obésité, hypertension… Pour répondre aux besoins croissants et urgents en matière de santé publique, elle a également déployé son action au-delà de l’Ile-de-France. En 2025, l’association a ouvert une nouvelle maison d’accueil à Lille et prépare un programme de promotion en santé dans les zones rurales des Hauts de France, où les besoins sont immenses et les structures d’accueil trop peu nombreuses.
En essaimant ainsi son modèle et en favorisant le transfert de compétences vers les professionnels de santé en France et dans les territoires d’outre-mer, Ikambere contribue à transformer les pratiques de soin de manière inclusive pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.
Photo : © Sandra Reinflet