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RESILIA : prévenir les risques liés à l’habitat précaire

17 février 2026

Créée en 2022, l'association bordelaise Dédale déploie le projet RESILIA pour renforcer la résilience des lieux de vie précaires. Soutenu par la Fondation de France, ce programme de prévention agit via plusieurs leviers : sécurisation des espaces, autonomisation des habitants et coopération avec les acteurs publics.

La Gironde est aujourd'hui le deuxième département de France métropolitaine qui compte le plus d’habitats précaires (squats et bidonvilles), avec 1 311 personnes recensées en 2023, soit trois fois plus que dix ans plus tôt. Dans le même temps, la métropole bordelaise comptait plus de 25 000 logements inoccupés. Ce décalage entre pénurie d'hébergement et vacance immobilière amène des personnes sans domicile à s'installer dans des espaces non prévus pour l'habitation comme des bâtiments inoccupés ou des entrepôts désaffectés. Ces sites sont fortement exposés aux risques d’incendies, d’inondations et sanitaires, sans être intégrés aux dispositifs classiques de prévention. « Lorsqu’un feu se déclare, les secours manquent souvent d’informations essentielles sur l’accès, l’organisation du lieu ou l’existence de points d’eau », explique Morgan Garcia, coordinateur de l’association Dédale. Ce qui peut conduire à des drames évitables par la prévention et l’anticipation.

Renforcer la sécurité et sensibiliser les habitants

L’association Dédale a imaginé le projet RESILIA pour réduire concrètement les risques liés à l'habitat dans les lieux occupés sans droit ni titre. Son intervention débute par une évaluation précise des conditions de vie et des dangers existants. Avec l'accord des propriétaires et à partir de diagnostics menés par des professionnels (architecture, réseaux, sécurité), l'association accompagne la mise en œuvre de travaux et d'aménagements réalisés par des artisans partenaires : sécurisation électrique, accès à l'eau et organisation des espaces. « L’objectif est de limiter les bricolages périlleux, souvent à l'origine d'accidents », indique Morgan Garcia.

Le projet a pour ambition de transmettre aux habitants des pratiques de prévention simples et concrètes comme l'installation d’extincteurs et la présence de seaux de sable à proximité des points électriques. Des documents multilingues sont diffusés, intégrant les numéros d’urgence, l’adresse du lieu et des consignes en cas de danger. Ce travail repose sur une connaissance fine du terrain et sur des relations de confiance construites dans la durée avec les habitants. « L’idée est de leur donner les clefs pour mieux comprendre leur environnement et devenir acteurs de leur sécurité », ajoute Morgan Garcia.

Une approche préventive et collective

Un tel dispositif ne peut exister sans l’élaboration de partenariats étroits avec tous les acteurs impliqués : secouristes, collectivités, services de l’État et associations de terrain… L’association se positionne en amont en renforçant les capacités des acteurs et les dynamiques d’entraide. Elle joue un rôle d’intermédiaire en identifiant précisément les sites, en partageant des informations utiles sur la configuration des lieux et en facilitant la mise en œuvre d’actions de sécurisation adaptées.

Face à la multiplication des risques et à la vulnérabilité croissante des territoires, RESILIA s’inscrit pleinement dans la stratégie portée par la Fondation de France à travers son collectif d'action Crises et Catastrophes, qui place la prévention et le pouvoir d’agir au cœur de ses actions. Le dispositif sera déployé en 2026. À terme, l’association souhaite diffuser cette démarche et concourir à une meilleure prise en compte des habitats informels dans les stratégies territoriales de prévention. « L’objectif n’est pas de rendre ces lieux durables, mais d’empêcher les risques immédiats et de contribuer, à long terme, à l’accès de tous à un logement digne », conclut Morgan Garcia.

Crédit photo : © James Corhuelo


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