Infoclimat : une vigie citoyenne pour prévenir les risques climatiques
Depuis plus de 20 ans, l’association Infoclimat installe et anime en France un vaste réseau de stations météorologiques. Leurs données, mises librement à disposition sur le site infoclimat.fr, permettent notamment d’alerter sur les risques liés au réchauffement climatique.
Créée en 2003, l’association est issue du site internet Infoclimat, lancé dès 2001 pour favoriser le partage d’observations et d’analyses météorologiques entre passionnés. Elle agit grâce à l’engagement de nombreux bénévoles : scientifiques, climatologues, météorologues, anciens collaborateurs de Météo-France… Avec l’augmentation du nombre d’adhérents, l’association a progressivement pu installer ses propres stations météorologiques afin de compléter les réseaux publics existants, et passer « de passionnés de météo à vigie du changement climatique », explique Mathilde Aglietta, responsable du développement.
« Avec près de 2 000 stations réparties partout en France, Infoclimat est le réseau le plus dense de stations météo semi-professionnelles », rappelle-t-elle. Ces stations mesurent en continu les températures, les précipitations et le vent, constituant une base de plus de 6 milliards de données météo.

Une lecture fine du climat à l’échelle locale
Contrairement aux services météorologiques classiques, les données produites permettent d’analyser le climat à une échelle très locale. « Nos stations ne fonctionnent pas à l’échelle d’un département mais sur des territoires beaucoup plus restreints, d’un kilomètre à une dizaine de kilomètres maximum », explique Mathilde Aglietta.
Cette précision constitue un véritable atout pour les collectivités, notamment pour mesurer les effets du changement climatique sur leur territoire et adapter leurs politiques publiques. « Nous accompagnons les collectivités sur l’adaptation de leurs infrastructures afin de limiter deux risques principaux : les îlots de chaleur et les inondations en cas de fortes pluies », précise la bénévole. « Il s’agit de sécurité civile, car ces phénomènes entraînent régulièrement la mort de personnes. »
Soutenue par le collectif Crises et catastrophes de la Fondation de France, l’association a lancé en septembre dernier des projets d’installation de stations météorologiques dans trois territoires : le Pic Saint-Loup dans l’Hérault (quatre stations prévues), Villeneuve-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine (cinq stations), et le territoire de Grand Paris Sud où une soixantaine de stations doivent être installées à horizon 2028.

Des stations au service de la sensibilisation citoyenne
Au-delà de leur fonction scientifique, les stations météorologiques jouent également un rôle de médiation auprès du grand public. Installées dans l’espace public, elles sont équipées d’écrans permettant de visualiser les données en temps réel.
« Nous faisons en sorte que les stations deviennent des objets de dialogue. Partout où nous les installons, elles suscitent l’intérêt des habitants qui vivent autour », assure Mathilde Aglietta. Cette visibilité permet de rendre plus concrètes les conséquences du changement climatique et de favoriser une appropriation citoyenne des enjeux.
L’association intervient également régulièrement dans les collèges et les lycées. L’objectif : développer le sens des responsabilités des jeunes face au changement climatique et susciter des vocations scientifiques, en particulier chez les jeunes femmes, encore sous-représentées dans les sciences du climat.
Pour atteindre son objectif d’équiper une quinzaine de collectivités par an, l’association doit désormais repenser son fonctionnement reposant exclusivement sur le bénévolat et professionnaliser son équipe. « Nous visons dans un premier temps le recrutement de deux personnes salariées pour s’occuper de trois et cinq réseaux », estime Mathilde Aglietta. « Pour couvrir l’ensemble des zones à risques en France, il faudra à terme recruter au moins une dizaine de personnes », conclut la responsable du développement.
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