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L’association Point d’eau renforce son action avec deux nouvelles initiatives solidaires

27 août 2025

Depuis plus de trente ans, l’association Point d’eau mène des actions à Grenoble et dans son agglomération afin de venir en aide aux personnes en situation de grande précarité. Afin d’étendre son champ d’intervention, l’association a mis en œuvre deux nouveaux projets depuis 2022 : un Pôle de solidarité alimentaire (PSA) et un chantier d’insertion basé sur une activité de traiteur solidaire, « Les Mets connus ».

Lieu d’accueil de jour, espace d’écoute, de convivialité et de remobilisation, Point d’eau  s’appuie sur une conviction forte : chacun, quelle que soit sa situation, porte en lui des compétences, des savoir-faire et une capacité à prendre une place dans la société. » Avec plus de 41 000 passages à l’accueil de jour en 2024 (+ 16% par rapport à 2023), l’association renforce son engagement en faveur des personnes en situation de vulnérabilités, qui peuvent bénéficier de soutiens individuels ou collectifs, avec les éducatrices et éducateurs spécialisés, et en partenariat avec d’autres acteurs associatifs locaux, mais aussi devenir bénévoles et actrices de la vie du lieu.

Aujourd’hui, l’association renforce son action sur le territoire avec un Pôle de solidarité alimentaire (PSA) et un chantier d’insertion basé sur une activité de traiteur et conserverie solidaire. Deux nouveaux projets déployés en favorisant la coopération de tous  : personnes concernées, habitants,  institutions,  acteurs économiques et associatifs.

Agir pour la solidarité alimentaire

Né en 2024, le Pôle de solidarité alimentaire (PSA) agit sur plusieurs fronts : la lutte contre le gaspillage alimentaire, la valorisation des dons reçus, la redistribution de produits de qualité à ceux qui en ont besoin, et la mobilisation des personnes en situation de précarité autour de la cuisine. Chaque semaine, près de 400 repas sont préparés, des tournées de collecte sont assurées dans la métropole grenobloise et un food-truck se déplace auprès des personnes isolées dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

« Ce que nous faisons va bien au-delà de l’aide alimentaire. Ce sont les personnes en situation de précarité elles-mêmes qui pensent, organisent, cuisinent et redistribuent. Elles sont au cœur du dispositif. Sans elles, rien n’existerait », insiste Akim Slaimi, coordinateur du pôle. Encadrées par l’association, plus de 50 personnes (demandeurs d’asile, mères seules, personnes sans-papiers, anciens sans-abri, ...) se relaient selon leurs aspirations et capacités pour participer aux collectes, à la cuisine ou à la distribution.

Les dons proviennent de partenaires multiples : magasins de grande distribution, écoles de la ville de Grenoble, producteurs locaux, particuliers… Les invendus sont triés, transformés et redistribués. Toujours avec un souci de qualité : les plats cuisinés sont riches, équilibrés, adaptés aux saisons et aux régimes alimentaires.

Le PSA, c’est aussi un formidable levier de reconnaissance. En participant tous ensemble à la rédaction d’un livre de recettes intitulé Un monde gourmand, les bénévoles peuvent montrer concrètement leur engagement. « Cet ouvrage, c’est un moyen de laisser une trace, de démontrer ce qu’ils font et de valoriser leur implication. C’est essentiel, surtout dans un parcours de reconstruction personnelle et de régularisation », souligne Akim Slaimi.

Le traiteur solidaire : un tremplin professionnel et humain

Depuis 2017, Point d’eau organise des ateliers cuisine qui favorisent les rencontres et les échanges entre des personnes aux parcours de vie différents qui bénéficient de l’accueil de jour. De ces ateliers est née une nouvelle ambition en 2022 : soutenir ces populations dans le développement d’une activité professionnelle pérenne. Ce chantier d’insertion, qui compte treize salariés accompagnés de quatre encadrants, s’appuie sur l’activité de traiteur solidaire « Les Mets connus », récemment complétée par une conserverie.

 « Notre cœur de métier, c’est l’insertion. La cuisine, c’est le support. Ce qu’on propose, c’est un cadre bienveillant pour se reconstruire, reprendre confiance, et bâtir, à son rythme, une trajectoire choisie. », résume Clémence Coulais, responsable de l’activité au sein de l’association. Grâce à ce chantier d’insertion, certains retrouvent un emploi stable, d’autres accèdent à un logement, entament une démarche de soin ou se forment dans la restauration. Tous progressent selon leurs possibilités, en adéquation avec leurs aspirations respectives.

Le chantier s’adresse à des personnes aux parcours très divers : personnes sans logement, en situation d’addiction, issues de l’immigration, victimes de violences… L’équipe s’adapte, avec une attention constante à la valorisation du travail, de l’engagement et de la mixité. « On travaille beaucoup sur l’estime de soi, et aussi sur l’image que les autres ont de vous. La cuisine, c’est un vecteur très fort pour ça », poursuit Clémence Coulais.

L’activité traiteur, dont les produits sont proposés à des entreprises, des institutions et des particuliers du bassin grenoblois, respecte les standards appliqués aux acteurs de la restauration. En 2024, elle a permis de fournir près de 12 000 repas à 150 entreprises et organisations clientes, ainsi que 350 repas proposés à l’assemblée citoyenne de l’alimentation de Grenoble. La conserverie, quant à elle, transforme les invendus de producteurs locaux en produits valorisables. Elle donne également l’opportunité de s’engager pour la transition vers l’alimentation durable avec une volonté affirmée : faire entendre la voix de celles et ceux qui, souvent, sont exclus de ces  débats. « Une transition alimentaire qui ne concerne que 10 % de la population n’a pas de sens. Il faut inclure tout le monde, et notamment les plus précaires », rappelle Clémence Coulais.

Trois entités : accueil de jour, pole solidarité alimentaire et chantier d’insertion, viennent former un ensemble cohérent au service des personnes en grande précarité mais aussi, prouver, au travers de leur participation et de la place que chacun et chacune prend, que ces mêmes personnes sont capables de faire bouger des montagnes.

© Crédit photo : Julien HAY


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