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L'Esprit de Barbara : un café solidaire au cœur du Mans

16 janvier 2026

Créé en 2021, l'Esprit de Barbara s’est imposé comme un maillon essentiel de l’aide sociale de proximité au Mans. Ce café solidaire assure une fonction de premier accueil et d’orientation pour des personnes en difficulté qui ne bénéficient bien souvent pas des dispositifs d'accompagnement classiques.

Tout commence en mars 2020, au début de la pandémie, lorsqu’un appel de Yves Calippe, maire adjoint aux solidarités de la ville du Mans invite des bénévoles à se mobiliser pour maintenir la cantine solidaire de la salle Barbara. Samir Tine, alors conseiller à Pôle emploi, choisit de s’engager pour quelques heures hebdomadaires au départ. Les premiers jours, une vingtaine de repas sont servis. Très vite, l'affluence explose : 200 repas sont offerts midi et soir à des personnes en difficulté : « On a accueilli des gens qu'aucun dispositif ne repérait : des étudiants en difficulté, des retraités isolés, des personnes sans-papiers... Ils n'osaient pas demander de l'aide ou ne rentraient pas dans les critères », explique Samir Tine, aujourd'hui directeur de l'association. « Les gens restaient pour parler. Ils avaient besoin d'être écoutés, de comprendre leurs droits, d'être orientés. On improvisait, mais ça répondait à de vrais besoins », raconte-t-il.

Lorsque la crise sanitaire prend fin, beaucoup de bénéficiaires et de bénévoles craignent de voir disparaître ce lieu. Samir Tine décide alors de poursuivre l’aventure. L’association L’Esprit de Barbara est créée sous la présidence de Jean-Jacques Latour et fédère une cinquantaine d’anciens bénévoles. En juillet 2021, le café solidaire L’Esprit de Barbara ouvre ses portes au 2 bis rue de Bône, en centre-ville du Mans. Samir Tine en assure la direction et peut compter, chaque semaine, sur l’engagement d’une quinzaine de bénévoles pour accueillir une dizaine de personnes aux histoires et aux besoins singuliers. L’objectif : répondre à une précarité invisible, vécue par celles et ceux qui ne rentrent dans aucune case et passent sous les radars de l’aide sociale.

A renseigner
Au premier plan, Samir Tine, directeur de l'association L’Esprit de Barbara.

Un accompagnement de proximité

Le café reçoit tous ceux qui franchissent sa porte, tant que règnent le respect et la sobriété. Certains viennent rompre l’isolement, d’autres chercher un accompagnement. Le premier café est offert, les suivants coûtent dix centimes, un tarif symbolique qui ouvre avant tout un espace de dialogue. C’est souvent à partir de ce premier échange que la relation s’installe.

Le lieu repose sur un principe fondateur : une écoute sans jugement. Cette posture conditionne le climat de confiance et permet de comprendre la situation réelle des personnes accueillies. « C’est ainsi que l’on peut vraiment apporter une aide adaptée », explique Samir Tine.

Les bénévoles proposent un premier niveau d’accompagnement : rédaction de CV, appui dans les démarches administratives, orientation vers les structures compétentes. En complément, plusieurs associations partenaires assurent des permanences au sein du café, notamment autour de l’accompagnement des femmes, de l’accès au numérique ou du handicap.

Ce soutien de proximité permet des évolutions concrètes dans les parcours de vie : un logement sûr, une entrée en formation, la reconstruction de liens sociaux... « Certains vivent ici une véritable transformation, comme cet homme souffrant de troubles psychiques qui a pu trouver un emploi adapté grâce à l’intervention de l’équipe », souligne Samir Tine.

Un rôle essentiel à pérenniser

L'Esprit de Barbara est aujourd’hui reconnu par les acteurs associatifs et institutionnels locaux comme une porte d’accès aux droits pour toutes et tous. « Nous ne remplaçons pas les structures sociales. Nous permettons simplement aux personnes d’y accéder dans de meilleures conditions », précise le directeur. Soutenu historiquement par la Ville du Mans, le café solidaire s’inscrit dans une logique de maillage territorial. « Le réseau, c’est la clé. Nous faisons le premier accueil, mais nous ne pouvons agir efficacement qu’en lien avec les partenaires », insiste Samir Tine.

Malgré son utilité reconnue, le modèle économique du café demeure fragile. Dépendante des dons et des subventions, la structure évolue dans un contexte national de baisse des financements publics. Aussi, l’appui de la Fondation de France Grand-Ouest a été déterminant pour maintenir l’activité. « Sans ce soutien, on n’aurait pas pu tenir. Il nous apporte l’oxygène nécessaire pour continuer à accueillir et accompagner celles et ceux qui en ont besoin », conclut Samir Tine.