Soutenir les progrès de la science et de la médecine est au coeur des priorités de la Fondation de France depuis sa création en 1969. Grâce à ses donateurs, elle consacre annuellement près de 10 millions d’euros à la recherche médicale. Au-delà de cet indispensable engagement pour accompagner les avancées de la médecine dans la durée, la Fondation de France et plusieurs fondations placées sous son égide remettent chaque année des Prix médicaux qui saluent le travail des équipes et encouragent la vocation des jeunes chercheurs.
   

Le Grand Prix de la Fondation de France

Le Grand Prix de la recherche de la Fondation de France est décerné à une équipe déjà soutenue à travers ses programmes, récompensant ainsi l’avancée de travaux de recherche originaux et innovants, qui déboucheront à terme sur des applications en santé publique. La Fondation de France a en effet le souci de faire progresser la recherche sur les pathologies particulièrement dévastatrices, telles que le cancer et les maladies cardiovasculaires par exemple. À l’heure où les avancées des connaissances sur le développement du cerveau sont cruciales pour mieux comprendre les troubles des apprentissages, l’autisme et certaines maladies psychiques, la Fondation de France réaffirme son soutien à la recherche sur le neurodéveloppement en attribuant ce Grand Prix.

 

Ghislaine Dehaene-Lambertz
Directrice de l'équipe de Neuroimagerie du Développement, INSERM U992, Neurospin, Université de Paris Saclay

 

 

Des capacités à apprendre dès la naissance

Le cerveau présente une organisation complexe et largement influencée par l’apprentissage qu’il tire de son environnement. Comprendre son développement est crucial pour mieux connaître des pathologies telles que la dyslexie, les troubles de l’attention ou l’autisme et ainsi, mieux aider les malades et leurs familles. L’équipe de Ghislaine Dehaene-Lambertz étudie le développement cognitif humain avec le support de technologies d’imagerie cérébrale avancées. Ses travaux ont notamment révélé que les réseaux du langage étaient déjà très organisés et proches de ceux de l’adulte dès les premiers mois de vie. Le nourrisson est rapidement capable de repérer les répétitions de certains sons dans la parole en utilisant l’information auditive, puis en la complétant d’informations visuelles et motrices au fur et à mesure qu’il essaie d’imiter ses proches. En effet, vers 3 mois, au moment où les vocalisations du nourrisson augmentent, la maturation d’un large faisceau de fibres nerveuses s’accélère. Ce faisceau, appelé « faisceau arqué », relie les régions du cerveau où la parole est perçue et celles où elle est produite. Selon Ghislaine Dehaene-Lambertz, c’est probablement cette configuration cérébrale particulière à l’espèce humaine qui permet au nourrisson d’être si efficace pour apprendre à parler et communiquer avec son entourage